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Un village de retraite version 1950

Les personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de tout autre type de démence apparentée, vivent dans le passé. Elles ont peu de souvenirs, et c’est justement ce qui fait qu’elles s’y accrochent de toutes leurs forces. Le présent devient pour ces personnes, inintéressant car il leur échappe. Elles ne reconnaissent plus leur maison, leurs enfants, elles ne savent plus quel jour on est ou si encore on doit se vêtir chaudement en hiver. Tout leur quotidien leur devient  inaccessible et douloureux, c’est pourquoi elles préfèrent se réfugier dans le passe, cette époque où elles étaient autonomes, où elles pensaient, dialoguaient, agissaient, cette époque où elles étaient des personnes respectées et respectables.

Après le modèle néerlandais, c’est au tour de nos amis les suisses de lancer le projet du centre de Wiedlisbach.

Markus Vögtlin, l’entrepreneur, à qui l’on doit cette initiative, a dû se battre pour faire valoir son projet et prouver les bienfaits d’une construction d’un tel village.

A quoi ressemblera l’hospice de Wiedlisbach ?

Le complexe s’implantera dans les environs de Berne. Il est prévu d’héberger 150 patients atteints de démence, répartis dans 23 bâtiments, tous adaptés. La construction des bâtiments respectera le style des années 1950. La conception des maisons rappellera au détail près la conception d’autrefois. Les portes du complexe ne seront pas fermées pour permettre aux pensionnaires un déplacement libre et ne surtout pas leur donner l’impression d’être cloitrés. Néanmoins, quitter le village sera interdit, pour leur sécurité. Les auteurs du projet ont poussé la perfection de la ressemblance jusqu’à demander aux personnels soignants de se déguiser en jardiniers, coiffeurs ou commerçants.

D’où lui est venue cette idée ?

Ce projet, tout à fait innovant, il le doit à son prédécesseur néerlandais, qui a nommé son village Hogewey. Avant de lancer son projet en Suisse, il a voulu visiter le cadre et se rendre compte par lui-même de la valeur d’un tel produit. A son retour, l’enthousiasme et l’excitation étaient palpables, « Les personnes démentes sont souvent agitées et agressives, mais à Hogewey, elles sont détendues et heureuses. Ces pathologies entraînent chez ces patients des difficultés pour se rappeler ce qui se passe à l’instant présent, mais en général ils ont des souvenirs précis du passé. Ce genre d’environnement les met à l’aise. J’appelle cela remonter le temps ».

Qui sont les opposants ?

Pourtant ce projet, qui semble, au premier abord, positif en tous points, est vivement controversé dans le monde professionnel gériatrique.

Michael Schmieder, directeur d’une maison de retraite spécialisée dans le canton de Zurich, à Sonnweid, ne cache pas son sceptisme quant à ce projet, « Cette idée représente une tentative de reproduire une normalité que les personnes démentes n’ont pas ». Dirigeant lui-même un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de type luxueux, défend sa méthode traditionnelle, par rapport à cette initiative, venue de nulle part, « Nos patients vivent l’instant présent, et non dans le passé. »

Malgré une certaine hostilité minoritaire, les autorités suisses sont séduites par cette horloge remontée d’une soixantaine d’années. L’association Alzheimer Suisse donne son entier soutien au projet de Wieslibach. Brigitta Marensson, porte-parole de l’association, souligne « Il faut différents types de programmes de soins, parce que la maladie comporte plusieurs stades. Un village consacré à la démence est une bonne solution pour les patients en phase avancée ».

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