Comment redorer l’image des maisons de retraite, accusées pour certaines de maltraitance ? Par son contraire, la « bientraitance ». Plus de soins, d’écoute et de vigilance pour les seniors.

Plus de soins, d’écoute et de vigilance pour les seniors / SIPA
Ce concept « positif » vise à aller plus loin que la prévention contre les violences faites aux personnes fragilisées par la vieillesse. « C’est plus de soins, d’écoute, de vigilance… Plus de tout en somme ! » résume un cadre de la DDASS en Loire-Atlantique. En cette période estivale où nos aînés sont encore moins visités, ce « plus de tout » mériterait de prévaloir dans tous les établissements.
Ce n’est hélas pas encore le cas ! Car pour certains directeurs de maison de retraite, la mission qui leur est confiée au quotidien ressemble à une gageure : « Nous n’avons pas assez de monde. Il faut trouver le temps de former le personnel, qui fait ce qu’il peut. Peut-on vraiment éviter la maltraitance (encore faut-il s’entendre sur le terme) ? Même si le gouvernement a annoncé la création de 15.000 emplois soignants et qualifiés, cela n’est pas suffisant. Il faudrait au moins le double». Liliane Cornillou, directrice de la maison de retraite de Monts (Indre-et Loir) fait part du malaise de la profession : « Quand allons-nous regarder la vieillesse en face ? Notre société fait l’apologie de la jeunesse ; la télévision en est le parfait reflet. Pourtant, il faut bien voir la vérité : notre population vieillit, nous vivons de plus en plus longtemps. Or, nous n’avons pas les capacités de répondre correctement à la demande. »
Un numéro d’appel : le 3977
Cette directrice de maison de retraite, qui passera prochainement de 80 à 120 lits, n’est pas hostile à l’idée de construire de nouvelles pratiques autour du concept de bientraitance. Pour autant, elle redoute que « l’on oublie les racines de la maltraitance qui sont loin d’être extirpées ». Le 13 mai dernier, l’ancienne secrétaire d’Etat en charge de la Solidarité, Valérie Létard – devenue depuis secrétaire d’Etat à l’Ecologie et du Développement durable – appelait à l’organisation des assises de la « bientraitance des personnes âgées » dans chaque département. Une initiative qui répond aux premières conclusions établies après la mise en service du numéro d’appel 3977 dont le but, expliquait alors Valérie Létard, est de « libérer la parole de nos aînés ». Un an plus tard, 63.000 appels ont été reçus, soit « plus 160 appels par jour ouvré ».
Dans le détail, 4 dossiers sur 5 concernent effectivement une problématique de maltraitance : 1 personne sur 4 est confrontée à une maltraitance psychologique, 1 sur 7 à une maltraitance financière ou physique et 1 sur 6 est maltraitée par négligence. Si les crédits alloués par l’Etat ont progressé de 8 % – soit 566 millions d’euros de plus en 2009 par rapport à l’an dernier –, les professionnels et les familles attendent un coup de pouce supplémentaire.
Source: France Soir
Dossier maltraitance des personnes âgées en maison de retraite.






