L’association L’Escale, qui est déjà la plus importante structure sociale du Poitou-Charentes, disposera à partir de 2010 de sa propre maison de retraite, en plein centre-ville
L’Escale ouvre ses portes aux personnes âgées
Serge Thomas et Jean-Jacques Vauzelle, devant la future maison de retraite de L’Escale, rue Saint-Louis. (photo dominique jullian)
C’est le hasard de la vie. Parmi les générations de Rochelais qui sont venus au monde à la clinique Gandouet, certains finiront, peut-être, leurs jours dans les mêmes murs.
Achetée en 1986 par l’association L’Escale, l’ancienne clinique d’accouchement du docteur Gandouet ouvrira dans un an un nouveau chapitre de son histoire. Au terme d’un long chantier, le bâtiment accueillera des personnes âgées qui ne disposent que des minima sociaux.
« Nous orientons régulièrement les gens de plus de 60 ans qui sont passés dans nos services vers des maisons de retraite, telles celles du CCAS [Centre communal d'action social] de La Rochelle. Mais il n’est pas facile d’introduire une personne au parcours atypique, voire compliqué, dans une maison classique. C’est pourquoi nous avons voulu tenter l’expérience de créer notre propre maison de retraite », explique Serge Thomas, directeur de L’Escale, la plus grande structure sociale de la région.
Depuis 1986, l’association accueillait dans ce bâtiment de la rue Saint-Louis, dans la zone protégée de la Porte Royale, les femmes seules et les mères avec leurs enfants, qui étaient hébergées auparavant à Villeneuve-les-Salines. Le foyer Louis-Jardonnet – c’était son nom – a rempli sa mission jusqu’au 1er févier, date à laquelle il a fermé ses portes pour cause de travaux.
17 chambres, 19 places
« Le seul écueil qui se posait à nous était l’étroitesse des locaux. Si l’on tient compte des normes obligatoires pour ce type d’établissement, la résidence doit se limiter à 19 places. D’ordinaire, l’État n’autorise pas l’ouverture d’une telle structure à moins de 55 places. Notre dossier a pu passer grâce au fait que nous disposons déjà, au sein de l’association, de tous les services nécessaires : soins, cuisine, ménages, etc. », souligne le directeur.
La future maison de retraite de L’Escale devrait ouvrir ses portes en avril 2010. Elle comportera 17 chambres et pourra accueillir 19 personnes, dont un couple. Chaque chambre sera équipée d’une salle de bain et adaptée aux handicapés. Il y aura une grande salle à manger commune, une salle de repos, une tisanerie, une salle d’activités ludiques et d’un jardin.
« Ce n’est pas un asile. Il n’y a pas de raison pour que ces personnes n’aient pas droit à un accueil digne et confortable », remarque Jean-Jacques Vauzelle, le directeur adjoint de l’association.
1 600 euros par mois
Le chantier, dont le coût s’élève à plus de 1,5 million d’euros, est financé par la Caisse des dépôts et consignations, avec une participation de l’État, de la Communauté d’agglomération et de la DDE. Plus tard, le budget de fonctionnement (environ 650 000 euros par an) sera assuré par le Conseil général et l’État.
Ce nouvel établissement permettra la création d’une dizaine d’emplois d’infirmières, d’aides-soignantes, de surveillants de nuit, etc. Avec une diminution prévisible de son budget de 5 à 10 % en 2009, L’Escale pourrait toutefois « se séparer de trois ou quatre salariés », dixit le directeur.
Le prix d’une place rue Saint-Louis avoisinera les 1 600 euros par mois. Les pensionnaires, aux faibles ressources, bénéficieront des aides financières de l’État et du Conseil général.
« Nous avons déjà des demandes. Mais nous irons d’abord « puiser » dans les structures existantes, comme les maisons relais », annonce Serge Thomas.
Source: SUD OUEST
