Santé. Les directeurs de maisons de retraite dénoncent des financements publics insuffisants.
Les maisons de retraite doivent faire face au manque de moyens et donc de personnels . Photo DDM,Xavier de Fenoyl
«Maltraitance institutionnelle, retour des asiles » : les responsables de maisons de retraite et de service de soins à domicile aux personnes âgées, n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer le tour de vis budgétaire qui leur est imposé par la loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2009. Au vu d’une population qui vieillit à vue d’œil, des 15 000 décès de personnes âgées lors de la canicule de 2003, d’un manque chronique de personnel soignant, les professionnels se disent trahis par l’État. Qui soutient, selon eux, d’une main la qualité des soins, telle qu’elle a été définie pour la période 2008-2012 dans le Plan Solidarité grand âge ou le Plan Alzheimer. Et les prive de l’autre des financements nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs. « Le rationnement des moyens via la réduction des forfaits soins concerne une trentaine d’établissements en Haute-Garonne et une vingtaine en Ariège » constate Martine Barillon, présidente de l’Adespa Midi-Pyrénées (Association des directeurs d’établissements et services pour personnes âgées). Le mal est profond. Les associations et organisations de prise en charge des personnes âgées dénoncent les dangers que la nouvelle approche comptable des financements publics fait pesersur les soins . Les maisons de retraite doivent faire face au manque de personnel.
« Les deux plans de référence fixent des ratios moyens de 0,65 soignant pour un résident et d’un professionnel par résident auprès des malades les plus dépendants. Or, en Haute-Garonne nous atteignons péniblement un ratio de 0,5 tout personnel confondu et de 0,3 pour le seul personnel soignant », poursuit la responsable de l’Adespa.
Au quotidien, ce la se traduit par « des suppressions de postes, des toilettes expédiés à la va-vite », dénoncent les responsables de maisons de retraite de l’Ariège, de la Haute-Garonne, du Tarn, du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne.
Alors que la DDASS (31) assure « qu’aucun établissement ne voit ses moyens réduits ».
Source: La Dépêche
