La maladie d’Alzheimer est connue de toute la population, de loin ou de près. Elle retient entre ses filets et compte parmi ses victimes des milliers de personnes de tous bords et tous âges confondus. Alzheimer est connue de tous mais reste encore un grand mystère, une énigme médicale que les chercheurs et professionnels s’efforcent à élucider.
Tout le monde a entendu parler de cette redoutable maladie, ce voleur d’identité et de personnalité. Certains l’ont côtoyée, d’autres l’ont affrontée, et beaucoup trop lui ont cédée. Alzheimer ne fait pas de cadeau. Elle est brutale, arrache les personnes à leurs vies, leurs habitudes, leurs proches, et surtout à leurs souvenirs.
Le malade Alzheimer devient seul au monde, il ne reconnaît pas ses enfants, ne se rappelle plus où il habite et avec qui il a été marié. Il ne comprend pas l’obstination de son entourage à stimuler sa mémoire et lui faire entendre raison, parfois avec douceur et parfois avec hargne.
Les derniers moments de la vie d’un individu devraient être des moments de paix, de sérénité, de réconciliation avec les membres de sa famille. Dans le cas d’un malade Alzheimer, la fin de vie est lourde à supporter, la personne doit affronter l’appréhension de la mort seule, avec ou sans courage. Elle ne se sent pas accompagnée étant donné qu’elle ne reconnaît aucun des visages penchés sur son lit, l’œil triste.
La maladie d’Alzheimer est, pour ainsi dire, loin d’être simple et anodine. Elle est brutale et radicale, elle ne fait pas de cadeaux et personne ne s’en sort…
Le public doit être informé pour savoir comment et quand réagir surtout. Il ne faut pas tout mettre sur le compte de la vieillesse, car c’est ainsi que les personnes confondent et ne décèlent pas la maladie suffisamment tôt pour pouvoir freiner son évolution de façon conséquente.
Ainsi, il ne faut pas attendre d’être rangé dans la catégorie des personnes ciblées par la maladie pour commencer à s’informer. Bien au contraire, il faut commencer alors que la maladie n’est qu’abstrait. C’est ainsi que les sentiments ne s’en mêlent pas et que l’information passe entièrement sans être brouillée par une identification et un flot de questionnements.
C’est dans cet optique que la ligue Alzheimer a présenté la nouvelle bande dessinée « Al Zimmer » destinée à un jeune public, car plus on est informés tôt, plus on peut et sait comment la combattre. Le directeur de la ligue explique en quoi la bande dessinée est destinées au jeune public « Pour sensibiliser les plus jeunes et leur expliquer ce qu’est Alzheimer, priorité a été donnée aux images et à la métaphore. Dans l’esprit du héros de l’histoire, Alzheimer prend ainsi la forme d’un agresseur prénommé Al Zimmeur ».
La bande dessinée est complétée par un dossier pédagogique illustré.
Le héros de la bande dessinée, s’appelle Tibo. Son grand-père est atteint de la maladie d’Alzheimer et l’histoire peint toute la vie du malade et des membres de sa famille. Les aidants et accompagnants sont autant touchés par la maladie que les malades eux-mêmes.
Plutôt qu’une publication ordinaire, la ligue Alzheimer a décidé de faire la propagande de l’ouvrage auprès des « Alzheimer café », leurs intervenants et participants. Le but étant de faire connaître la bande dessinée et de la troquer contre une anecdote, un fait vécu, une histoire racontée sur la maladie.
La ligue accompagnée du dessinateur de « Al Zimmer » sillonneront les Alzheimer café de Wallonnie et Bruxelles. Ces endroits au nombre de vingt en Belgique, sont des espaces de rencontres entre des personnes qui souffrent de la maladie soit directement soit par un proche, et qui peuvent échanger lors de réunions mensuelles leurs appréhensions, questions et incertitudes communes.
