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Hospitalisation à domicile: une alternative à la maison de retraite en plein essor

L’hôpital à la maison offre une réelle qualité de soins et des avantages.

MERCREDI MATIN, AU DOMICILE DE MARCELLE, À SAINT-JEAN-DE-BRAYE. Près de 300 patients ont été hospitalisés chez eux en 2008 dans le Loiret. Photo : Pascal Proust

Il peut assurer beaucoup de soins, sous certaines conditions, chez les particuliers et en maison de retraite. Il va bientôt couvrir tout le Loiret.

L’hospitalisation à domicile (HAD) a le vent en poupe. Elle offre une alternative thérapeutique fiable. Elle permet d’assurer, sous certaines conditions, un nombre croissant de soins, avec une qualité qui n’a rien à envier à celle de l’hospitalisation « classique ».

La formule s’accompagne même d’avantages indéniables : réduction des risques d’infections contractées à l’hôpital, division des coûts par trois et maintien des patients dans leur cadre de vie avec leurs proches. Elle s’adresse à un cercle de plus en plus large de bénéficiaires et va couvrir l’ensemble du département d’ici quelques semaines.

L’HAD est destinée, dans le Loiret, à tous les patients atteints de pathologies graves, aiguës ou chroniques, à l’exception des maladies psychiatriques, qui nécessitent des soins susceptibles d’être délivrés à l’hôpital, mais qui préfèrent rester chez eux. Elle permet d’éviter ou de raccourcir une hospitalisation. Mais elle n’est envisageable que sous trois grandes conditions : l’accord du patient et du médecin traitant ; la présence d’un membre de la famille à domicile ; et un logement adapté doté d’une hygiène suffisante.

« Il faut qu’il y ait toujours quelqu’un de présent auprès du patient », explique Anne Favre, médecin, cancérologue, présidente du premier service d’HAD dans le Loiret, l’HAD 45.

« Il faut aussi que le logement s’y prête, parce c’est un peu l’hôpital qui s’installe à la maison. On a besoin de matériel, bien souvent d’un lit médicalisé. Et il faut qu’on ait la place de s’installer dans des conditions sanitaires et de sécurité satisfaisantes », ajoute-t-elle.

Un service proposé en périnatalité
L’HAD ne concerne pas que les personnes résidant chez elles. Elle peut être mise en œuvre, depuis octobre 2007, dans les maisons de retraite, pour assurer des soins complémentaires que celles-ci ne sont pas en mesure de dispenser. Cela nécessite la signature, au préalable, d’une convention entre le directeur de l’établissement et le responsable du service. « On ne se substitue pas aux infirmières des maisons de retraite. On apporte un plus », précise Anne Favre.

L’HAD, qui plus est, est proposée depuis quelques mois en périnatalité : les femmes qui n’ont rencontré aucun problème au cours de leur grossesse et de leur accouchement peuvent être suivies chez elles, pour sortir de la maternité dès le premier ou le deuxième jour. L’HAD a été mise en place à Orléans depuis 2002, puis à Montargis en 2006, à Pithiviers en mars de cette année, et elle va s’étendre à Gien en juin (lire par ailleurs).

« Complète la chaîne médicale »
Elle fait l’objet d’une forte croissance : le nombre de journées d’hospitalisation à domicile a presque doublé depuis deux ans dans le seul bassin d’emploi d’Orléans ; il est passé de 7.889 en 2006 à 14.348 en 2008 ! « Au début, ce n’était pas évident. Les médecins traitants étaient inquiets, les familles aussi », raconte Claude Gueveler, médecin des hôpitaux, qui a fondé l’HAD à Orléans, en 2002, et a mené deux ans de démarches administratives pour le créer : « Aujourd’hui, c’est un service extra-hospitalier qui complète la chaîne médicale et qui marche bien. »

Source: La République du Centre

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