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Des équipes hospitalières sillonnent les maisons de retraite

Pour épauler les médecins, trois équipes mobiles de gériatrie se déplacent désormais dans les maisons de retraite parisiennes.Un dispositif qui permet de faire baisser le recours aux urgences.

La main de la vieille dame posée sur la sienne, elle la caresse doucement. Le docteur Chansiaux, qui a rapproché sa chaise au plus près du fauteuil roulant, ne quitte pas sa patiente des yeux. Elle lui sourit sans cesse et écoute avec attention ses longs silences. Et peu à peu les mots sortent, les angoisses et l’anxiété d’une vieille dame, lasse de la vie, qui n’a pas envie d’être là.
Christine Chansiaux, gériatre et praticien hospitalier, se rend une fois par semaine dans cette maison de retraite de la Ville de Paris située dans le XIXe. Rattachée à l’hôpital Bretonneau, elle dirige l’équipe mobile gériatrique externe (EMGE) du nord de Paris qui intervient dans les résidences publiques et privées de la capitale. Un renfort pour les médecins de ces établissements, un avis différent, une bouffée d’air aussi…
« Le médecin traitant trouvait cette patiente très apathique, explique-telle, elle veut qu’on la laisse tranquille et s’enferme dans la salle de bains. »
A force de patience, le médecin réussira à lui décrocher un sourire, — cette dame adore les gâteaux au chocolat —, et mettre le doigt sur ce qui ne va pas : une grosse déprime cachée derrière cette revendication d’intimité. Claire de l’Eprevier, la gériatre salariée de la résidence Hérold, est rassurée. « Chaque fois que j’examine cette patiente, je patauge, » lançait elle quelques minutes avant la consultation. Le docteur Chansiaux, elle, va revoir le traitement.Et l’équipe de la résidence Hérold en sera quitte pour fabriquer une petite pancarte « Ne pas entrer » à accrocher à la porte de la salle de bains.
Ce dispositif expérimental, lancé il y a deux ans, vient d’être reconduit pour l’année grâce à des financements de la Ddass, la Ville de Paris et l’AP-HP. Trois équipes de ce genre, composées de gériatres, de psychogériatres, d’infirmières spécialisées, d’ergothérapeutes, sillonnent ainsi les Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la capitale pour leur apporter leur expertise. « On a un œil extérieur, continue le docteur Chansiaux. Examiner quelqu’un qu’on ne connaît pas permet souvent de revoir les choses sans a priori. C’est rassurant pour les médecins traitants qui sont souvent très seuls et ces discussions permettent d’échanger les compétences et d’aller plus loin. »
Outre les consultations sur place et les formations régulières aux infirmières, les EMGE assurent aussi le lien avec l’hôpital. Elles organisent les prises de rendez-vous pour des examens et les arrivées à l’hôpital directement dans le bon service. « Notre objectif de départ est de réduire le nombre d’arrivées de personnes âgées aux urgences, qui sont leur porte d’entrée la plus courante.Nous avons réussi à les diviser par deux…»

Source: Le Parisien

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